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Un bouleversement copernicien à Portivechju ?

Màrcuri u 5 di Farraghju 2014



Un bouleversement copernicien à Portivechju ?
C’est cette expression qui m’est venue à l’esprit lorsque mon concurrent a annoncé avoir « fait passer les dépenses d’équipement » de 4 à 12 millions d’euros (M€). Depuis il le répète, inlassablement…
 
Mais voyons ça de plus près…
 
Dans l’Antiquité, les hommes considéraient que la terre constituait le centre de l’univers. Mais en 1530, Copernic, astronome polonais, publie un ouvrage qui démontre que c’est le soleil qui occupe le centre du système solaire et que la terre en est une simple planète.
 
C’est un véritable bouleversement, dans la perception du monde. Depuis, l’expression « bouleversement copernicien » désigne une modification significative de l’ordre des choses.
 
Tiendrait-on, sans le savoir, un nouveau Copernic à Portivechju ?
 
Commençons dans l’ordre, voulez-vous. Si j’en crois les Comptes Administratifs, qui retracent la totalité des recettes et dépenses de la commune, en 2008, les sommes consacrées aux dépenses d’équipement se sont élevées à 4 192 004,64 €. En 2012, elles ont été de 11 025 137,77 €.
 
Il convient donc de diminuer quelque peu la proclamation de mon concurrent, puisqu’elles passent en vérité de 4 à 11 M€ de 2008 à 2012.
 
Mais il faut poursuivre la réflexion en se demandant comment ont été financées ces dépenses d’équipements. Pour les financer, une commune dispose de quatre grandes sources : les dotations versées par l’Etat, l’excédent de la section de fonctionnement, l’emprunt et les subventions. 

Un bouleversement copernicien à Portivechju ?
Pour ne pas alourdir l’analyse, j’ai regroupé la mandature en deux périodes, qui marquent un bouleversement : la 1ère est celle des exercices 2008 et 2009 (en bleu) ; la 2ème concerne les exercices 2010, 2011 et 2012 (en rosé).
 
Les chiffres qui figurent dans les colonnes expriment les moyennes annuelles de chacune des deux périodes. La 1ère constatation concerne l’emprunt : il augmente de 80 % entre les deux périodes! Ainsi, il y a eu 3 714 034 x 3, soit 11 223 104 € d’emprunt sur la 2ème période.
 
La 2ème constatation porte sur l’excédent de fonctionnement (excédent des recettes sur les dépenses consacré à l’investissement). Et bien, malgré des recettes de fonctionnement, qui augmentent de 5,5 M€ entre 2008 et 2012, la part consacrée à l’investissement diminue : - 6 % !
 
Pour compenser cette diminution, le seul moyen de financer les équipements est de recourir à l’emprunt, et vous voyez bien le bond entre les deux périodes.
 
Les conséquences se mesurent également à la manière dont est constitué le financement durant ces deux périodes.
 
Durant la 1ère période, le financement repose majoritairement sur l’excédent de fonctionnement (en jaune) et sur les subventions (en rosé).

Un bouleversement copernicien à Portivechju ?
Durant la 2ème période, nous assistons donc à ce fameux «bouleversement copernicien » : c’est l’emprunt (en rouge) qui assure la plus grande part du financement. L’emprunt est donc devenu le nouveau soleil du Copernic de Portivechju. Mais notre Copernic va nous laisser une ardoise : celle de la dette à rembourser.
 
Bien sûr, on va nous dire que l’emprunt est une source de financement classique. C’est vrai… en partie. Et ça ne l’est plus du tout lorsqu’il se conjugue à une diminution de l’excédent de fonctionnement, pour financer les équipements et surtout qu’il l’est dans cette proportion.
 
Je vous avais déjà parlé des conséquences du « bouleversement copernicien » des sources de financement dans une tribune intitulée « élevé au biberon de la dette ».
 
Je voudrais vous démontrer que si mon concurrent exécute son prévisionnel, le bouleversement sera plus grand encore : il fera alors plus fort que Copernic !
 
Dans le tableau suivant, j’ai comparé la prévision pour 2013 aux années de « bouleversement » c’est-à-dire 2010, 2011 et 2012 :

Un bouleversement copernicien à Portivechju ?
On voit désormais que nous touchons à l’espace intersidéral : le financement issu de l’emprunt devrait subir une hausse 150 % et celui provenant des subventions de 641 % !!! Non, vous ne rêvez pas.
 
Je ne doute pas un seul instant de l’attitude des banques, qui pourraient mettre à disposition de la commune ces 9,3 M€ car la commune est potentiellement riche (18,5 M€ de recettes provenant de nos impôts en 2012) et que le remboursement des emprunts est une dépense obligatoire, qui se fera quelle qu’en soit la manière.
 
Mais quand je vois que les subventions prévues seront de plus de 15 M€, alors qu’elles ont été au maximum de 2,8 M€ sur les cinq années précédentes, nous sortons même de l’espace intersidéral.
 
Copernic, reviens ! Il faut refaire les calculs !
 
A la vérité, il faut opérer un bouleversement, mais un vrai « bouleversement copernicien ». Celui qui nous attend, fin mars 2014.
 
En attendant, Messieurs de l’exécutif, ne nous laissez pas dans cette insoutenable attente : donnez nous ces chiffres que vous nous cachez, ceux de l’exécution budgétaire 2013. Nous nous préparerons mieux encore à prendre la suite, dans l’intérêt de la cité et de ses habitants.

Jean-Christophe ANGELINI




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