Newsletter
jcangelini

Lettre ouverte aux professionnels du bâtiment de Porto-Vecchio et de l'Extrême-Sud

Venari u 21 di Marzu 2014



Lettre ouverte aux professionnels du bâtiment de Porto-Vecchio et de l'Extrême-Sud
Chers amis,
 
Le débat sur l’urbanisme et l’aménagement du territoire, particulièrement vif depuis l’annulation du PLU de Porto-Vecchio, n’est pas un débat récent.

Notre commune a en effet vécu ces trente dernières années au rythme des discussions, tant au sujet d’une carte communale que d’un POS, puis d’un PLU, mais sans déclinaison pratique ni document de référence (ci-joint historique des tentatives)… jusqu’au PLU de 2009, engagé suite aux pressions de l’opinion publique et de l’Etat.

Ce dernier a donné lieu à de fortes divergences, que l’exécutif municipal n’a jamais voulu prendre en compte. Le résultat fut immédiat : plus de 40 recours en première instance, aux motivations très différentes et parfois contradictoires.

C’est là qu’intervient, pour notre groupe, une première clarification : réduire ces recours, dans leur extrême diversité, à ceux introduits par des militants d’Altrimenti est foncièrement malhonnête et injuste. Chambre d’agriculture, associations de riverains, groupement de toutes natures, simples citoyens réclamant d’avantage de constructibilité sur leurs parcelles familiales…

La pluralité des approches, des moyens juridiques invoqués a déterminé le jugement du Tribunal Administratif de Bastia, particulièrement dur. L’exécutif actuel a alors manifesté publiquement, et pour la première fois, une volonté de compromis, et fait appel du jugement pour préserver des zones de constructibilité, notamment dans les hameaux et l’intérieur du territoire.

Mais les vices de forme, le non-respect de la loi SRU (Solidarité Renouvellement Urbain) et surtout, le parti d’urbanisme global ont entraîné la même décision qu’à Bastia.

A ce stade, une deuxième clarification s’impose : contrairement à ce qu’affirme le maire sortant qui évoque, dans son programme, le rejet des « moyens soulevés par son adversaire » par « la Cour Administrative »… nous n’avons jamais fait appel !

Idem lorsqu’il affirme que « promettre aux porto-vecchiais d’élaborer un PLU entre 12 et 18 mois, c’est mentir sur la durée véritable des procédures en plus de s’affranchir de toutes les règles de transparence et de légalité ! » Notre stratégie (retrait du recours devant le Conseil d’Etat et élaboration, en 18 mois, d’un nouveau document) a été successivement validée par d’éminents juristes ainsi que par l’Etat lui-même, de façon publique. 

La raison doit donc prévaloir, et porter la prochaine équipe municipale à construire un nouveau document d’urbanisme, juste et équilibré ; d’autant que l’Agenda 21 Développement Durable et la loi Handicap devront nécessairement être intégrés à ce processus, au même titre que le PADDUC. Sur ce plan, l’honnêteté intellectuelle exige une dernière mise au point : le PADDUC, que l’on présente comme rédhibitoire pour l’économie locale… n’est toujours pas voté !

Les grands choix, concernant notamment la cartographie, seront arrêtés au cours des prochains mois. Certes, un premier cadrage d’importance a été validé par l’Assemblée de Corse, qui intègre  une « clause de revoyure ».

Mais pourquoi ceux qui s’en plaignent aujourd’hui n’ont-ils pas soumis leur projet au vote de cette même Assemblée, lorsqu’ils la dirigeaient entre 2004 et 2010 ? Pourquoi ont-ils reculé, après des mois de débat, s’ils estimaient leur projet aussi performant ?

A  l’évidence, beaucoup reste donc à faire, pour peu que la prochaine majorité ouvre une véritable discussion avec la Collectivité Territoriale, relative à la prise en compte de nos spécificités, en matière d’urbanisme, d’aménagement et de développement touristique.

Aussi, nous vous proposons un chemin nouveau de concertation, d’action et de développement partagé.

A titre d’exemple, la réalisation de 1 000 logements nouveaux sur la décennie n’est pas une chimère mais un objectif tout à fait réaliste. Plus dangereuse est l’attitude qui consiste à s’enfermer dans le déni, à ne pas reconnaitre une situation accablante pour des centaines de foyers et à stigmatiser tous ceux qui, comme nous, veulent vraiment régler ce problème.
La municipalité nouvelle s’engagera donc :

 - A réaliser des lotissements communaux permettant l’accession à la propriété pour l’ensemble des résidents porto-vecchiais.

Chaque nouvelle promotion immobilière donnera lieu à l’ouverture de négociations avec les maîtres d’ouvrage afin d’obtenir qu’un pourcentage de logements accessibles aux personnes à revenus modestes soit éventuellement dédié.

- A favoriser la création de logements à loyers modérés. « Les emplacements réservés » dans le cadre du futur PLU serviront à la réalisation d’équipements et d’espaces verts.

- A étendre et renforcer l’OPAH sur l’ensemble du territoire communal, de façon à participer à la restauration du patrimoine architectural et à conduire les propriétaires-bailleurs à augmenter l’offre de logements.

Logements nouveaux, lotissements communaux, OPAH, rénovation de l’habitat, etc… On le voit, des mécanismes existent, nombreux et pertinents, pour parvenir à réguler le marché.

Nous avons aussi de nombreux projets (phasés et chiffrés) concernant la construction d’infrastructures publiques.

Cité administrative, pôle d’action culturelle, nouvelle école, cantine Municipale, équipements sportifs, éducatifs et culturels dans chaque hameau… Cette relance permettra, en plus de l’essor induit par le prochain PLU, de donner de l’activité à nos entreprises et de stabiliser leurs emplois sur une période longue.

Faut-il rappeler, comme nous l’avons fait tout au long de la campagne, pour ceux qui doutaient de nos capacités à financer ces investissements, les chiffres du PEI ?

Sur les 2 000 millions d’euros prévus par la loi de 2002, près de 700 millions seulement ont été globalement consommés. Corté et Calvi ont glané quelques 6 millions chacune. Bastia a consommé 69 millions et Ajaccio, 43. Porto-Vecchio, troisième ville de Corse, aurait du drainer, du seul fait de sa démographie, 20 à 30 millions d’euros.

Entre 2003 et 2013, l’équipe actuelle a mobilisé… 400 000 euros, pour l’essentiel en frais d’études. Et je n’évoquerai pas ici les fonds communautaires, les dotations intercommunales et les divers concours de l’Etat, historiquement sous-utilisés sur notre commune.

Vous l’aurez compris, notre vision du développement est à la fois ambitieuse et équilibrée. Elle n’oppose pas résidence principale et résidence secondaire, secteur public et secteur privé, plaine et montagne, hameaux et littoral. Elle n’est pas fondée sur l’anathème ou la polémique, mais sur le travail quotidien et la prospective.

Nous vous engageons donc à poursuivre cette réflexion et à dessiner, avec nous et l’ensemble des forces vives de notre cité, le Porto-Vecchio du futur.

A la veille d’une échéance décisive pour notre communauté, prenons ensemble le pari d’un développement réussi et partagé.

Cù tutta a me amicizia.


Jean-Christophe ANGELINI




Suivez-moi sur Facebook

Galerie
Ecosse 1
Eco
GC9P5017 bis

L M M G V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31