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jcangelini

Débat sur le port de commerce : la suite...

Màrcuri l'8 di Ghjenaghju 2014



Débat sur le port de commerce : la suite...



Dans ma précédente tribune, j’évoquais le peu d’intérêt manifesté par l’exécutif municipal pour le port de commerce, et la nécessité d’ouvrir un débat de fond sur son devenir.
 
Les chiffres du fret confirment cette obligation en nous montrant que le port est globalement délaissé, abandonné par l’équipe actuelle, historiquement inactive sur cet aspect pourtant primordial de l’activité économique.
 
Les données ci-après, qui proviennent toujours du  site de l’observatoire régional des transports de la Corse (http://www.ortc.info/), permettent d’analyser plus finement la situation.
 
L’activité globale « fret » de l’île est dominée par les deux ports principaux de l’île, comme le montre la moyenne du tonnage (entrées+sorties) qu’ils concentrent :

Débat sur le port de commerce : la suite...

Cette réalité doit cependant être pondérée par le fait que ces deux ports sont les seuls à recevoir les hydrocarbures, pour un tonnage global annuel de 500 000 T.
 
L’examen de la part de chacun des ports de Corse dans l’activité « fret » permet de mieux appréhender la situation : les ports secondaires… sont vraiment des ports secondaires !
 
Seuls Portivechju, Prupià et Isula Rossa ont une activité conséquente par rapport aux deux ports principaux :

Débat sur le port de commerce : la suite...

On pourrait donc croire en examinant ces chiffres que notre port s’en tire bien… mais le diable se niche dans les détails :

Débat sur le port de commerce : la suite...

L’activité de Prupià est en effet très proche de la notre grâce à des liaisons avec l’Italie, qui n’existent pas à Portivechju.
 
En examinant cette activité en longueur de remorques exprimée en mètres linéaires (ML) pour ce qui est des seules liaisons nationales (les données en ML des liaisons avec l’Italie ne sont pas disponibles), on voit bien qu’il y a deux tendances différentes entre Prupià et Portivechju :
 

Débat sur le port de commerce : la suite...

Prupià est, sans prise en compte du trafic « fret » avec l’Italie, sur une tendance ascendante alors que Portivechju est sur une moyenne stable autour de 120 000 ML par an.
 
Pourquoi ?
Vraisemblablement parce que le temps de parcours depuis le continent est plus faible, avec des cargos mixtes assurant la desserte de Portivechju parmi les plus lents : 19 nœuds au lieu de 23 nœuds pour les autres.
 
Pour Marseille, distante de 201 nœuds marins (NM), une vitesse de traversée de 4 nœuds de plus (23 nœuds au lieu de 19 nœuds) aboutirait à un voyage raccourci de 2 heures.
 
Pour conclure, résumons-nous.
 
Portivechju, port Corse le plus éloigné du continent français est desservi, hors période estivale, par des cargos mixtes des deux flottes (SNCM et CMN) relativement lents. 
 
Portivechju, troisième ville de Corse, a le seul port qui ne dispose pas de liaison avec l’Italie, malgré son importance touristique et économique.
 
Pour mémoire, Bastia est reliée à Gênes, Savone et Livourne ; Bonifaziu à Santa Teresa ; la Balagne à Savone et Aiacciu-Pruprià à Porto Torres.
Livourne, Rome, Olbia... Autant de destinations possibles pour Portivechju, de façon concertée et progressive, en parfait accord avec nos acteurs économiques et l’ensemble des professionnels du tourisme. 
 
Compte tenu des tous ces éléments, je persiste : notre port de commerce mérite un vrai débat de fond. Puissent ces deux premières tribunes, en toute humilité, y contribuer le plus efficacement possible…
 

Jean-Christophe ANGELINI




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